Colmar a une réputation qui lui joue des tours : on l’imagine toujours pleine, alors que la ville se parcourt très différemment le reste de l’année, quand les groupes sont rares et que les commerçants ont le temps de parler.
La ville reste petite, et c’est précisément ce qui la rend sensible à la fréquentation : quelques centaines de visiteurs de plus suffisent à changer l’ambiance d’une rue entière du centre historique. Choisir le bon moment compte donc autant que choisir le bon itinéraire.
Le musée Unterlinden, sans la queue
Le musée Unterlinden, installé dans un ancien couvent dominicain, abrite le retable d’Issenheim, peint au début du seizième siècle par Matthias Grünewald pour un hôpital tenu par les Antonins. C’est l’une des œuvres majeures de la peinture allemande de cette période, et elle occupe une salle entière du musée, pensée pour permettre de tourner autour des panneaux.
Le musée Unterlinden décrit le retable d’Issenheim comme l’une des œuvres les plus importantes de l’art européen du seizième siècle, conçue à l’origine comme un polyptyque destiné aux malades soignés par les Antonins.
Hors des grands mois de fréquentation, la salle du retable se visite souvent presque seul, ce qui change complètement la lecture d’une œuvre pensée pour être regardée de près, panneau après panneau, plutôt qu’en défilé.
Le musée ne se résume pas au retable : les collections couvrent aussi l’art rhénan du Moyen Âge, l’archéologie régionale et des collections d’art moderne installées dans une aile plus récente. Ce sont ces salles annexes, souvent délaissées par les visites rapides, qui profitent le plus d’une fréquentation basse : on peut y passer un long moment sans jamais attendre devant une vitrine.
La Petite Venise et le marché couvert, un autre rythme
La Petite Venise, ce quartier de maisons à colombages posées le long de la Lauch, se photographie mieux quand les quais ne sont pas saturés : les reflets dans l’eau, les volets colorés et les barques à fond plat se voient enfin sans une épaule dans le cadre. Les batelleries qui proposent des promenades tournent à un rythme plus tranquille, avec moins d’attente au départ.
Le marché couvert de Colmar, sur les bords de la Lauch, reste ouvert toute l’année mais change de visage selon la saison : les étals de légumes et de fromages alsaciens y sont plus disponibles pour la conversation quand la ville respire, et c’est souvent là que l’on comprend le mieux ce que les habitants achètent vraiment, loin des vitrines à touristes du centre.
Autour du marché couvert, plusieurs maisons à colombages ont conservé leur fonction d’origine, boutique au rez-de-chaussée et logement à l’étage, un schéma qui a structuré tout le centre ancien depuis plusieurs siècles. Ce bâti explique aussi pourquoi la ville reste aussi dense : les rues n’ont jamais été pensées pour de grands flux de circulation.
Quand venir et où se garer
Les mois les plus calmes se situent en dehors des grandes périodes de vacances scolaires et du marché de Noël, qui concentre l’essentiel des foules. Venir en semaine plutôt que le week-end change aussi beaucoup la fréquentation du centre historique, y compris à quelques rues seulement du musée Unterlinden.
Pour se garer, les parkings en périphérie du centre historique restent la solution la plus simple : le cœur de Colmar, largement piéton, se découvre mieux à pied qu’en cherchant une place près de la Petite Venise. Marcher depuis un parking excentré prend rarement plus d’un quart d’heure, et permet en plus de traverser des quartiers moins photographiés que le centre, mais tout aussi représentatifs de l’architecture colmarienne.
Pour l’organisation d’un séjour plus large dans le département, notre rubrique entreprises et immobilier détaille par ailleurs ce qui se passe autour de la Collectivité européenne d’Alsace en matière d’aménagement du territoire. Les horaires et informations pratiques du musée Unterlinden se retrouvent sur le site de l’office de tourisme d’Alsace, utile avant de fixer sa date de visite, car ils varient selon la période de l’année.






